Bulletin d'information 24.02-01.03.2020

INFORMATION DE LA CHAINE DE TELEVISION RUSSIA TODAY

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Russie : le vote populaire sur la réforme constitutionnelle aura lieu le 22 avril

26 févr. 2020, 16:40

Le président Vladimir Poutine a donné son accord à la tenue d'un scrutin populaire qui permettra aux Russes d'avoir leur mot à dire sur une série de modifications de la Constitution du pays le 22 avril.

Le président russe Vladimir Poutine a approuvé la date où se tiendra le scrutin populaire sur les amendements constitutionnels, a déclaré le coprésident du groupe de travail sur la réforme Pavel Krasheninnikov à la suite d'une réunion avec le chef de l'État. 

Le vote aura lieu dans l'ensemble du pays le mercredi 22 avril, jour déclaré férié. Selon l'agence, la date a été choisie en tenant compte des fêtes qui tombent sur cette période : ainsi, les Russes voteront entre la Pâque orthodoxe (le 19 avril) et le début du mois sacré de Ramadan pour les musulmans (le 23 avril). 

Le parlementaire a ajouté que le 10 mars, la Douma d'Etat examinera le projet de loi sur les amendements à la Constitution en deuxième lecture, et puis suivra la troisième lecture. Il sera ensuite soumis à l'examen du Conseil de la Fédération - chambre haute du parlement russe - ce après quoi une «période d'information» sera organisée, qui permettra aux citoyens de se familiariser avec les amendements proposés, et à la Commission électorale centrale d'organiser un vote. 

Le projet de loi sur les amendements à la Constitution a été approuvé par la Douma d'État en première lecture et est en cours de finalisation, prenant en compte les propositions reçues par le groupe de travail. 

Dans son discours annuel à l'Assemblée fédérale de Russie, Vladimir Poutine a proposé plusieurs pistes afin de réformer la Constitution. Ces amendements seront tous soumis au scrutin populaire, comme l'a annoncé le président russe.

INFORMATIONS DE L’AGENCE D’INFORMATION DE RUSSIE

«SPUTNIK NEWS»

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La Russie veut bouger les lignes sur les «diamants de sang» en Afrique

14:48 25.02.2020

La Russie met en avant deux buts principaux et incontournables cette année au Processus de Kimberley: trouver la définition des diamants de sang par l’ensemble des pays participants, mais aussi prendre une décision sur la localisation du secrétariat permanent, a déclaré à Sputnik Alexeï Moiseev, le président du forum.

Le Processus de Kimberley (PK) s’occupe depuis 2003 de la certification des diamants dans le monde, et la Russie, à la tête de ce forum en 2020, a dressé ce mardi la liste des objectifs pour cette année.

La définition des diamants de sang

En répondant à la question de Sputnik, Alexeï Moiseev, l’actuel président du PK et vice-ministre russe des Finances, a souligné l’importance pour tous les pays participants de se mettre enfin d’accord sur la définition des diamants de conflits, aussi appelés diamants de sang.

D’après Moiseev, le deuxième point important dans l’agenda 2020 est de se décider sur la localisation du secrétariat permanent du Processus de Kimberley, qui n’existait pas avant. «Сe sont les deux buts ultimes, des buts principaux pour cette année, mais cela ne veut pas dire que les autres buts sont moins importants… mais parmi tout ce qu’on doit obligatoirement faire cette année, ce sont ces deux choses-là [qui priment, ndlr]».

Interrogé sur d’autres projets à mettre en place, le président du PK a également parlé des perspectives à long terme comme de rendre digital tout système de certification du Processus de Kimberley pour minimaliser la falsification des certificats.

La carte des routes de la RCA avec l’aide de la Russie

Un des pays les plus touchés par le trafic des diamants de sang est la République centrafricaine où les belles pierres continuent à jouer le rôle clé dans les conflits à l’intérieur du pays depuis des années, et depuis mai 2013 la vente de diamant est officiellement suspendue.
 Les sujets de la RCA et de son retour au Processus de Kimberley ont aussi été abordés. Il a précisé que la Russie allait travailler sur la clarification de la carte des routes pour légaliser le marché centrafricain des diamants.

«Nous sentons qu’il faut construire une carte des routes claire pour que la RCA puisse revenir au sein du PK. Nous voulons que les personnes qui produisent les diamants dans ce pays soient traitées en toute légitimité, pour beaucoup d’entre elles c’est la seule source de revenu et elles sont carrément forcées de vendre ces diamants à des escrocs qui mettent ces pierres dans leur poche, qui utilisent des faux certificats et finalement les diamant finissent dans tous les cas sur le marché.»

Les événements clés du Processus de Kimberley se poursuivront cette année en Russie, d’abord du 8 au 12 juin à Moscou puis du 16 au 20 novembre à Saint-Pétersbourg.

Poutine parle à Macron des mesures prises pour lutter contre les terroristes en Syrie

21:59 29.02.2020

La situation en Syrie, les moyens de lutter contre les terroristes et la prochaine rencontre Poutine-Erdogan ont été évoqués par les Présidents russe et français lors d’un entretien téléphonique, dans le contexte d’une brusque escalade militaire dans la zone d’Idlib.

Vladimir Poutine et Emmanuel Macron ont examiné ce samedi 29 février, au cours d’une conversation téléphonique, la situation en Syrie et la lutte contre les terroristes dans ce pays, a annoncé le service de presse du Kremlin, précisant que c’était le Président français qui avait appelé.

«Un entretien téléphonique a eu lieu entre les Présidents russe et français, Vladimir Poutine et Emmanuel Macron. Les interlocuteurs ont poursuivi leur échange de vues sur le dossier syrien, avant tout dans le contexte d’une brusque dégradation de la situation dans la zone d’Idlib», a indiqué le Kremlin.

Vladimir Poutine a notamment informé Emmanuel Macron des mesures prises pour lutter contre les terroristes dans le nord-ouest de la Syrie, a-t-il ajouté.

Prochain sommet russo-turc

Le Kremlin a également évoqué une prochaine rencontre entre les dirigeants de Russie et de Turquie.

«Le Président russe a indiqué que tous les aspects actuels du règlement syrien devraient être examinés en détail au cours du sommet russo-turc qui doit se tenir ces prochains jours à Moscou», a encore souligné le Kremlin.

Les deux hommes se sont aussi penchés sur la situation humanitaire à Idlib.

INFORMATIONS OFFICIELLES

DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES DE LA FEDERATION DE RUSSIE

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Allocution de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, lors du segment de haut niveau de la Conférence du désarmement, Genève, 25 février 2020

25 février 2020 15:34

Monsieur le Président,

Chers collègues,

Merci pour cette opportunité de prononcer un discours devant les membres participant à la Conférence du désarmement.

Cette année, nous célébrons le 75e anniversaire de l'Organisation des Nations unies, dont la création, vous le savez, a été rendue possible par la Victoire dans la Seconde Guerre mondiale. C'est cette grande Victoire qui a posé les bases de l'ordre mondial contemporain, fondé sur la primauté du droit international. Sur ces fondations solides a été bâti le système d'accords multilatéraux dans le domaine de la maîtrise des armements, du désarmement et de la non-prolifération, qui a permis de garantir le maintien de la paix et de la sécurité internationales pendant de nombreuses décennies. Un mécanisme de désarmement unique de l'Onu a été créé, ayant pour élément central la Conférence du désarmement. Ici, à Genève, ont été élaborés les documents internationaux les plus importants, notamment le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), dont nous célébrerons le 50e anniversaire de l'entrée en vigueur ce 5 mars.

Nous nous souvenons également, malheureusement, du fait qu'il y a presque 75 ans, suite au bombardement des villes japonaises de Hiroshima et de Nagasaki, les États-Unis, étant devenus le seul pays à avoir utilisé cette arme la plus monstrueuse, ont lancé la course aux armements nucléaires, dont les conséquences se font encore ressentir aujourd'hui. En même temps, il convient de souligner que pendant la seconde moitié du XXe siècle les efforts communs ont permis de garantir la stabilité stratégique et empêcher que de telles tragédies se reproduisent.

Malheureusement, depuis le début du XXIe siècle s'accumulent des tendances destructives dangereuses provoquées par l'égocentrisme politique agressif qui a refait surface dans un pays. En 2002, la sortie de Washington du Traité ABM sur les missiles antibalistiques, primordial pour la stabilité stratégique, a été un coup dur pour toute la structure de maîtrise des armements. Ces derniers temps, dans la politique américaine, prévaut la volonté de dominer partout et d'imposer à la communauté internationale ses propres "règles" au détriment des intérêts d'autres États et du droit international. Tous les accords et mécanismes multilatéraux qui gênent une telle domination sont proclamés "obsolètes et inefficaces".

L'an dernier, les États-Unis ont rompu le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI). Juste après cela ont commencé les essais de vol de systèmes américains auparavant interdits, et l'intention de les déployer dans différentes régions du monde a été exprimée. La Russie, ayant annoncé être contrainte d'agir de manière symétrique, a adopté l'approche la plus responsable possible et s'est engagée unilatéralement à ne pas déployer de FNI russes terrestres dans les régions où des armements américains similaires ne seraient pas installés. Nous proposons aux États-Unis et à leurs alliés de proclamer un tel moratoire. Nous sommes au courant des tentatives de semer la méfiance envers notre initiative. Je rappelle toutefois que nous avons proposé de dissiper les soupçons en élaborant ensemble un éventuel régime de vérification d'un tel moratoire réciproque. Le rejet de cette proposition honnête ne fait que confirmer que les véritables raisons de la destruction du FNI n'ont rien à voir avec la position et les actions de la Russie.

Les plans des États-Unis, ainsi que de la France et, dans l'ensemble, de l'Otan, d'envoyer des armes dans l'espace prennent des formes de plus en plus réelles. Nous sommes convaincus qu'il n'est pas encore trop tard pour élaborer des mesures acceptables pour tous et capables d'empêcher une confrontation dans l'espace extra-atmosphérique. La seule proposition constructive en la matière, qui se trouve sur la table de la Conférence du désarmement, est le projet russo-chinois d'accord sur la prévention du déploiement des armes dans l'espace, de l'usage de la force ou de la menace d'en faire usage contre des objets spatiaux. Ce document est global et ouvert aux négociations de plein format. Pendant la période d'élaboration d'un tel accord, le rôle de stabilisation sera joué par les engagements politiques de non-déploiement en premier des armes dans l'espace. Le nombre de partisans de cette initiative augmente constamment.

L'incertitude vis-à-vis du sort du Traité sur la réduction des armes stratégiques (START) suscite une inquiétude certaine. L'an dernier, à cette même tribune, j'ai déjà dit pourquoi nous jugions important de le conserver. La prolongation du traité serait une démarche raisonnable qui permettrait d'empêcher la dégradation de la situation en matière de stabilité stratégique, d'éviter l'effondrement total des mécanismes de maîtrise et de restriction dans le secteur des missiles nucléaires, ainsi que de gagner du temps pour évoquer les approches des méthodes de maîtrise des nouveaux armements et technologies militaires. Compte tenu de toutes ces circonstances, le Président russe Vladimir Poutine a proposé aux États-Unis de prolonger le traité START sans conditions préalables. Nous attendons la réponse.

Nous constatons avec inquiétude que les nouvelles doctrines de Washington réduisent significativement le seuil d'usage de l'arme nucléaire. Tout cela sur la toile de fond du refus officiel - je le souligne - de ratifier le Traité sur l'interdiction complète des essais nucléaires par les États-Unis, du maintien de la présence de l'arme nucléaire américaine sur le territoire de certains alliés américains de l'Otan, ainsi que de la poursuite de la pratique des "missions nucléaires conjointes". Les Américains sont allés jusqu'à organiser des exercices pour travailler l'usage de l'arme nucléaire contre des cibles sur le territoire russe. Les Européens participent également à de tels exercices.

Afin de faire tomber cette tension artificiellement créée et de préserver les possibilités du dialogue stratégique, nous avons proposé au moins de réaffirmer, et, dans l'idéal, de renforcer, la formule Gorbatchev-Reagan selon laquelle il ne peut avoir de vainqueurs dans une guerre nucléaire et qu'elle ne doit jamais être déclenchée. Nous pensons que dans la situation actuelle une telle déclaration serait un signal positif pour toute la communauté internationale. Cependant, Washington ne répond pas non plus à cette proposition depuis un an et demi.

Nous comptons sur un travail constructif de tous les pays intéressés lors de la Conférence d'examen du TNP fin avril à New York. Je n'anticiperai pas. Je noterai seulement que dans les conditions actuelles, difficiles, il est important que ce forum débouche sur le renforcement inconditionnel du régime de non-prolifération, indépendamment de savoir si un document final sera convenu ou non. Le Traité est autosuffisant, ses termes ont passé l'épreuve du temps, et leur changement ou interprétation arbitraire dans les conditions actuelles difficiles ne pourrait qu'être nuisible.

Dans le cadre de l'examen du TNP, la première Conférence sur la création d'une zone exempte d'armes nucléaires et autres armes de destruction massive et de leurs vecteurs au Moyen-Orient, en novembre 2019, a été un événement positif important. La Russie a activement contribué à sa réunion. Son résultat principal a été d'avoir enclenché un dialogue inclusif et ouvert pour trouver des solutions à ce problème de longue date.

En son temps, l'accord nucléaire avec l'Iran avait marqué un grand succès dans le secteur de la non-prolifération. Il y a cinq ans, le monde avait poussé un soupir de soulagement avec la signature du Plan d'action global commun sur le nucléaire iranien approuvé à l'unanimité par la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies. C'était un exemple de règlement efficace d'une crise qui avait failli dégénérer en conflit chaud. Cette percée avait été rendue possible par une véritable disposition de toutes les parties à s'entendre mutuellement et à tenir compte des intérêts réciproques. Cependant, aujourd'hui, nous assistons à la destruction de cet exploit unique de la diplomatie multilatérale suite à l'abandon total par les États-Unis de leurs engagements juridiques internationaux dans le cadre du chapitre VII de la Charte de l'Onu, ainsi qu'à cause de l'incapacité des collègues européens, malgré leurs efforts, à remplir leur partie de l'accord nucléaire. L'Iran a été forcé de réagir, mais il l'a fait par des moyens tout à fait légaux, prévus par le Plan d'action, en suspendant les restrictions purement volontaires, tout en continuant de respecter tous les engagements juridiques aussi bien dans le cadre du TNP que de l'Accord de garanties avec l'AIEA. Une réunion de la Commission conjointe des signataires du Plan d'action se tiendra demain à Vienne. C'est évidemment une opportunité de stopper, même si ce n'est pas à 100%, le processus d'escalade avant qu'il ne soit trop tard.

La profonde crise continue de s'étendre à tous les éléments du mécanisme de désarmement de l'Onu. Partout, on constate l'abandon d'un dialogue objectif et la politisation des discussions. Les actions de l'Occident pour transformer les structures de désarmement multilatérales autrefois efficaces et professionnelles en instrument de pression sur des États jugés "indésirables" sont affligeantes. C'est ce qui s'est passé à l'OIAC, où nos collègues occidentaux ont imposé la décision absolument illégitime d'octroyer au Secrétariat technique des fonctions attributives, ce qui est une violation directe de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques (CIAC) et une atteinte aux prérogatives du Conseil de sécurité des Nations unies. Des démarches similaires sont entreprises dans le cadre de la Convention sur l'interdiction de la mise au point, de la fabrication et du stockage des armes bactériologiques ou à toxines et sur leur destruction (CABT): le travail sur un régime multilatéral de vérification juridiquement contraignant acceptable pour tous est bloqué. Au lieu de cela, nous assistons à des tentatives d'utiliser le Secrétariat de l'Onu pour "couvrir" les actions opaques des États-Unis en matière de sécurité biologique avec les partenaires qui les intéressent sur un plan bilatéral.

En 2019, pour la première fois, la Commission de l'Onu pour le désarmement ne s'est pas réunie à cause du refus des autorités américaines d'accorder des visas au chef et aux membres de la délégation russe. Le comportement destructif de la délégation américaine n'a pas permis de mettre au point un rapport substantiel sur le bilan du travail annuel de la Conférence du désarmement. Nous constatons également des tentatives américaines d'idéologiser l'activité de la Première commission de l'Assemblée générale des Nations unies.

Tout cela conduit à la division de la communauté mondiale, détourne l'attention des problèmes réels en matière de sécurité internationale. Nous appelons les Américains à revenir dans le cadre normal du dialogue interétatique respectueux et à coopérer conformément à la Charte de l'Onu et à l'Accord entre l'Onu et les États-Unis relatif au siège de l'Organisation.

Pendant la session actuelle de la Conférence du désarmement, nous constatons certains points rassurants: sous la présidence algérienne ont été rétablis les contacts au format des Six, notamment. Nous le saluons. Le processus de mise au point du Programme de travail a été relancé. On étudie la possibilité de recréer des organes auxiliaires dotés d'un mandat d'examen. Cette démarche serait indéniablement utile mais ne devrait toutefois pas se substituer au progrès vers l'objectif principal: l'ouverture des négociations au plus vite.

Nous devons tous faire preuve de volonté politique pour trouver des solutions mutuellement acceptables. Afin de trouver un consensus sur le début des négociations basées sur un Programme de travail global et équilibré, nous appelons une nouvelle fois à adopter l'approche la plus responsable de l'étude de l'initiative russe d'élaborer, pendant la Conférence du désarmement, une convention internationale pour combattre les actes de terrorisme chimique et biologique. Le renforcement de la base juridique internationale de la lutte contre le terrorisme et les armes de destruction massive, dont le risque est tout à fait réel, est dans l'intérêt de tous les pays sans exception. Il serait possible de relancer les négociations à la Conférence sur cette base unificatrice.

Nous appelons également à réfléchir à une solution pour stopper la dégradation de l'architecture internationale de maîtrise des armements. La nécessité de donner une nouvelle dynamique aux efforts en ce sens est reflétée dans la résolution de l'Assemblée générale des Nations unies "Renforcement et développement du système de traités et d'accords sur la maîtrise des armements, le désarmement et la non-prolifération". La résolution a été adoptée par 174 voix, avec 5 abstentions. Personne n'a voté contre. A présent, il faut traduire la volonté politique collective fixée dans ce document dans le langage des actions pratiques. La Russie est prête à un tel travail. Nous sommes disposés à coopérer avec tous les membres de la communauté internationale en s'appuyant sur les principes d'équité et de consensus à travers un équilibre des intérêts.

C'est sur une telle coopération multilatérale dans le règlement des problèmes mondiaux que comptaient les pères-fondateurs de l'Onu. Un rôle réunificateur particulier pour élaborer des propositions mises à jour, en phase avec notre époque, pour garantir la stabilité sur la planète en s'appuyant sur la charte de l'Onu doit être joué par les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, qui doivent faire preuve d'une responsabilité particulière à cette étape fatidique pour la garantie de la paix et de la sécurité internationales.

Vous le savez, le Président russe Vladimir Poutine a invité tous ses collègues à réunir un sommet des Cinq. Un tel sommet marquerait indéniablement un point de départ pour élaborer des décisions cruciales dans l'intérêt de toute la communauté mondiale. La réaction à cette proposition est rassurante. Nous travaillerons à sa mise en œuvre.

Allocution de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, lors du segment de haut niveau de la 43e session du Conseil des droits de l'homme des Nations unies, Genève, 25 février 2020

25 février 2020 15:20

Madame la Présidente,

Mesdames et messieurs,

Chers collègues,

A l'heure où la situation dans le monde devient de plus en plus compliquée, que les anciens foyers de tension ne sont pas éteints et que de nouveaux apparaissent, la tâche d'élaborer des approches nouvelles, en phase avec notre époque, de la garantie d'un développement stable et durable de l'humanité devient prioritaire. Il est évident que le destinataire final de tous ces efforts doit être l'homme, avec tous ses besoins et droits. La Russie se base toujours sur la nécessité d'accorder une attention égale à toutes les catégories des droits de l'homme - pas seulement civils et politiques, mais également économiques, sociaux et culturels. Autrement, il est impossible de défendre les intérêts des groupes de population socialement vulnérables tels que les femmes, les enfants, les familles nombreuses, les personnes âgées, les personnes handicapées, et les chômeurs.

Malheureusement, l'activité commune constructive pour la garantie globale des droits de l'homme est empêchée par la ligne des pays occidentaux visant à remplacer les normes universelles du droit international par un certain "ordre basé sur des règles". Les droits socioéconomiques de base sont ignorés, tandis que les droits politiques, considérés sous le prisme de l'interprétation libérale agressive, sont mis en avant. La rhétorique accusatrice, notamment sous la forme de résolutions ciblant certains pays, est utilisée de plus en plus souvent comme prétexte pour s'ingérer dans les affaires intérieures d’États souverains, pour décréter des sanctions unilatérales illégitimes, et souvent pour tenter de renverser les gouvernements indésirables qui ne partagent pas les "valeurs" très douteuses inventées unilatéralement par l'Occident et faisant l'impasse sur la diversité culturelle et civilisationnelle du monde. Cette pratique vicieuse attise la confrontation et, au final, réduit la capacité des citoyens à exercer leurs droits légitimes.

La garantie fiable des droits et des libertés est incompatible avec la pratique des doubles standards. Il est étonnant que certains collègues occidentaux, qui défendent la démocratie en paroles, ferment sciemment les yeux sur la répression scandaleuse des droits de l'homme fondamentaux en Ukraine. Les lois qui y ont été adoptées sur la garantie du fonctionnement de la langue ukrainienne en tant que langue nationale, sur l'éducation, les projets de loi actuellement soumis au parlement sur les médias et sur la lutte contre la désinformation, revêtent un caractère ouvertement discriminatoire, violent les droits des minorités nationales, instaurent de facto une censure d’État. Ces nouvelles initiatives sont non seulement contraires aux engagements internationaux de Kiev, mais également à la Constitution ukrainienne. Bien que la Commission de Venise ait confirmé leur caractère discriminatoire, les autorités ukrainiennes n'ont pris aucune mesure pour remédier à cette situation - et n'ont pas l'intention de le faire. Je trouve primordial que le Conseil des droits de l'homme des Nations unies s'exprime sur cette situation inadmissible et exige le respect rigoureux des droits de toutes les minorités nationales sans exception. N'oublions pas que c'est également ce qu'exigent les Accords de Minsk approuvés par le Conseil de sécurité des Nations unies, qui n'ont pas d'alternative.

Il existe également de sérieux problèmes dans d'autres pays. Dans les pays baltes, il est devenu normal de réprimer la liberté des médias, d'engager des poursuites contre les dissidents, et de bafouer les droits des minorités nationales - jusqu'au phénomène honteux de non-citoyenneté. Les partis, les mouvements et les groupes extrémistes qui propagent l'idéologie du nazisme, de la suprématie raciale, de la discrimination et de la xénophobie ont de plus en plus les mains libres.

Nous appelons les collègues occidentaux à influencer leurs protégés. En réponse, nous entendons des références honteuses à la préoccupation vis-à-vis de la liberté d'expression et de réunion. En réalité, il s'avère que les démocraties occidentales donnent ainsi le feu vert à la propagation de l'idéologie nazie, à la glorification des collaborateurs nazis, aux marches aux flambeaux sous le signe de la Waffen SS. Une telle attitude "politiquement correcte" justifie, au final, l'idéologie de la haine.

Au profit d'intérêts mercantiles s'intensifient les tentatives de modifier non seulement les décisions du procès de Nuremberg, mais également les résultats reconnus de la Seconde Guerre mondiale dans l'ensemble. La campagne de falsification de l'histoire prend des formes de plus en plus cyniques. L'Europe civilisée garde honteusement le silence face à la "guerre" perfide contre les monuments et les mémoriaux en hommage à ceux qui, au prix de leur vie, ont sauvé les peuples du continent d'une éradication totale. Ce silence s'accompagne d'une immortalisation de la mémoire de meurtriers et de criminels impliqués dans la "mise en œuvre" de la théorie de suprématie raciale. Il faut mettre un terme à cette bacchanale de l'oubli. La Victoire dans la Seconde Guerre mondiale doit être proclamée patrimoine historique de l'humanité.

Les tentatives d'utiliser le facteur religieux en tant qu'instrument de jeux géopolitiques sont très inquiétantes. Les fractures interconfessionnelles s'approfondissent, les sanctuaires religieux sont de plus en plus souvent profanés dans différentes régions du monde. Des croyants et des prêtres font l'objet d'attaques, de persécutions et de meurtres. La présence des chrétiens s'est nettement réduite, voire a pratiquement disparu dans plusieurs pays du Moyen-Orient où ils avaient vécu pendant des siècles. La communauté internationale et le Conseil des droits de l'homme doivent faire obstacle aux extrémistes qui ont relevé la tête. Pour l'instant, dans la position de certains de nos collègues prédomine l'aspiration à justifier les exactions des groupes terroristes et radicaux. Il est difficile d'expliquer autrement les exhortations concernant la possibilité de conclure des accords de trêve avec des criminels, comme c'est le cas dans les discussions sur la situation à Idleb. Ce n'est pas une préoccupation vis-à-vis des droits de l'homme, mais une capitulation devant les terroristes, voire l'encouragement de leur activité - en violant grossièrement les conventions universelles et les nombreuses résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.

La crise migratoire sans précédent est directement liée au déchaînement du terrorisme au Moyen-Orient et en Afrique du Nord suite à l'agression de l'Otan contre la Libye en 2011. Sa normalisation durable nécessite le règlement des causes primaires qui poussent les gens à quitter leur patrie. Il devient prioritaire de stabiliser la situation dans les pays de la région en encourageant un dialogue inclusif national, et, surtout, en cessant l'ingérence illégale dans leurs affaires intérieures et en respectant les principes de la Charte de l'Onu. C'est cette approche, et non les tentatives d'utiliser des slogans de protection des droits de l'homme dans des jeux géopolitiques, qui permettra de trouver une solution durable aux problèmes des gens ordinaires, de garantir leurs droits, à commencer par le plus important: le droit à la vie.

Madame la Présidente,

Les risques et défis actuels sont globaux et transfrontaliers. Pour les surmonter, il est important de renforcer les institutions multilatérales existantes, de maintenir dans les relations internationales une atmosphère de confiance et d'entente, de se débarrasser résolument des doubles standards. Le Conseil des droits de l'homme peut et doit apporter sa contribution à ces efforts. Nous considérons le Conseil comme l'instrument central appelé à garantir un dialogue constructif, dépolitisé et multilatéral basé sur les critères universellement convenus et acceptables pour tous. Il est inutile d'imposer à qui que ce soit les prétendues "valeurs" qui reflètent l'état de la morale sociale d'un groupe d’États réduit, quoi que ce groupe puisse penser de lui-même.

Les discussions sur les droits de l'homme doivent être représentatives et pluralistes. A ces fins, la Fédération de Russie a avancé sa candidature à l'élection au Conseil pour 2021-2023. Je voudrais affirmer que nous ferons tout pour promouvoir les initiatives collectives dans son activité afin d'élaborer des approches de consensus et d'en finir avec la confrontation.

Extraits de la conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 27 février 2020

27 février 2020 19:52

Sur la situation au Cameroun

La situation reste difficile dans les provinces au Nord-Est et au Sud-Ouest du Cameroun. Nous arrivons à la conclusion que cela est dû aussi bien à la situation instable dans les régions voisines du continent africain qu'à des causes historiques. Le partage des anciennes possessions coloniales sans tenir compte des particularités religieuses, linguistiques et ethniques, des traditions du continent, de la région, a créé de nombreux foyers de tension en Afrique. Le Cameroun ne fait pas exception.

Nous appelons les belligérants camerounais à faire preuve d'un maximum de retenue. Nous partons du principe que la solution aux problèmes intérieurs de ce pays peut être trouvée dans le cadre d'un dialogue national substantiel en respectant les droits de l'homme et en garantissant la primauté de la loi.

Nous sommes convaincus que les Camerounais sont capables de régler par leurs propres moyens les problèmes aggravés et, si besoin, avec le soutien de l'Union africaine ainsi que des organisations sous-régionales, notamment de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale.

Les défis et les risques auxquels est actuellement confrontée l'Afrique centrale sont étroitement liés. La déstabilisation de la situation dans un pays est susceptible de provoquer une réaction en chaîne dans toute la sous-région, ainsi que de se refléter négativement sur les États voisins. A cet égard, dans notre évaluation de la situation au Cameroun, nous jugeons important d'empêcher le franchissement de la limite entre la prévention de la crise et l'ingérence extérieure dans les affaires intérieures de cet État souverain.

Sur l'éventuel arbitrage concernant le refus des Américains de délivrer des visas d'entrée aux collaborateurs des délégations officielles russes pour travailler lors des événements de l'Onu

La situation concernant la délivrance de visas aux représentants russes pour entrer sur le territoire américain afin de participer aux activités de différents organes et établissements de l'Onu reste critique. La dernière réunion du Comité des relations avec le pays hôte, le 25 février, a montré qu'il n'y avait aucun progrès en la matière.

Je rappelle qu'au début de l'automne 2019, 18 représentants russes n'avaient pas reçu de visa pour assister à la 74e session de l'Assemblée générale des Nations unies. Aucun de ces 18 visas n'a été délivré à ce jour. De tels incidents se sont produits avec d'autres délégués russes qui devaient participer aux activités de l'Onu cette année. Les visas ne sont pas délivrés aux représentants russes qui doivent faire partie de la mission, aux citoyens russes sélectionnés pour travailler au Secrétariat de l'Onu, et les visas ne sont pas prolongés pour les diplomates russes travaillant pour la mission.

La non-délivrance de visas par le pays hôte de l'Onu est pratiquée non seulement envers la Russie, mais également envers d'autres pays. De cette manière, Washington tente visiblement de trier les délégués et les experts participant aux activités de l'Onu, créant ainsi des obstacles très sérieux au travail des délégations nationales. C'est une grossière violation des engagements internationaux des États-Unis prévus par le statut de pays hôte de l'Onu. Cette position est reflétée dans la résolution 17/195 (décembre 2019) de l'Assemblée générale des Nations unies sur le rapport du Comité des relations avec le pays hôte.

Elle stipule également que si la situation relative à la non-délivrance de visas n'était pas réglée dans un délai raisonnable, nous étudierions très sérieusement la possibilité de saisir l'arbitrage prévu par l'Accord entre l'Onu et les États-Unis relatif au siège de l'Onu de 1947. Le Secrétaire général de l'Onu dispose du droit d'initier un tel arbitrage.

Il est évident que ce délai raisonnable s'est écoulé. Par conséquent, nous attendons du Secrétaire général de l'Onu Antonio Guterres des actions concrètes pour initier un arbitrage concernant la violation par les États-Unis de leurs engagements internationaux prévus par le statut de pays hôte de l'Onu. Je voudrais souligner qu'il possède toutes les raisons juridiques pour cela.

INFORMATIONS DU SITE «RUSSIA BEYOND THE HEADLINES FR»

https://fr.rbth.com/

Gaz naturel liquéfié: l'usine russe Yamal LNG a dépassé sa capacité de production en 2019

28 FÉVR 2020

En 2019, l’usine Yamal LNG, dans le Grand Nord russe, dont Total est l'un des principaux actionnaires, a produit 18,4 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL), soit 11% de plus que la capacité prévue dans son projet de construction, peut-on lire sur le site du complexe industriel. Ce dernier a d’ailleurs annoncé avoir récemment produit sa trente millionième tonne de GNL.

« L’usine fonctionne actuellement au-dessus de sa puissance annuelle prévue dans son projet, fixée à 16,5 millions de tonnes. En 2019, qui a été la première année entière de travail simultané des trois lignes de production, Yamal LNG a produit 18,4 millions de tonnes de GNL, dépassant sa capacité initiale prévue de 11%, soit de 1,9 million de tonnes », y apprend-on.

Un surplus non négligeable, puisqu’estimé à 385 millions de dollars à la vente par la compagnie VYGON Consulting, citée par le journal RBC.

À noter que, l’an dernier, 81% du GNL produit sur ce site de la péninsule arctique de Yamal ont été exportés vers l’Europe, où la France s’est imposée comme le principal client, avec 4,7 millions de tonnes. Figurent ensuite les Pays-Bas (2,8 millions), le Royaume-Uni (2,2 millions) et l’Espagne (2 millions). La Chine en a quant à elle acquis 2 millions de tonnes.

L’on constate donc que les exportations de GNL provenant de cette usine vers le Vieux continent ont été multipliées par trois par rapport à 2018, passant de 6,8 milliards de mètres cubes à 20,5 milliards, souligne dans un rapport le géant gazier russe Gazprom. Cette marchandise représente ainsi désormais 9,3% des exportations russes de gaz vers les nations européennes.

Pour rappel, Yamal LNG appartient à 50,1% à la société russe NOVATEK, tandis que le français Total et le chinois CNPC possèdent chacun 20% des parts, contre 9,9% pour le Fonds souverain chinois de la Route de la soie. Après un début d’exploitation en décembre 2017, il s’agit à ce jour du plus important site de production de GNL en Russie, qui représente à lui seul 5% du marché mondial de cette denrée.

Plus qu'une simple crêpe: la meilleure recette de blinis au four russe

26 FÉVR 2020

C'est de loin la recette la plus succulente et la plus oubliée des crêpes garnies : le blini russe au «pripiok».

Maslenitsa, ou simplement « semaine des crêpes », est un événement annuel durant lequel les Russes deviennent littéralement fous des crêpes, ou « blinis » - comme on les appelle ici. Nous les mangeons nature, sans levain et à la levure, sucrés et salés, et avec littéralement toutes les garnitures possibles. Cette année, j'ai décidé d'essayer enfin l'une des recettes de blini russes les plus traditionnelles - les crêpes au « pripiok ».

« Pripiok » est un mot russe qui désigne un type de garniture cuite. Donc, le pripiok, c’est fondamentalement n'importe quelle garniture qui cuit directement dans une crêpe. Le fait est qu'au lieu de mettre la farce dans une crêpe toute prête, vous mélangez la garniture avec la pâte et la faites cuire comme ça. Autrefois, les blinis au pripiok étaient l'un des types de crêpes les plus populaires en Russie : ils étaient cuits exclusivement dans un four de village russe traditionnel sur une poêle en fonte graissée au saindoux. Cependant, aujourd'hui, cette recette n'est pas si populaire et répandue - je suppose que c'est simplement parce que les crêpes au pripiok nécessitent un peu plus de temps et de compétence. Je crois cependant que si vous les maîtrisez une fois, vous reviendrez encore et encore à cette recette.

Certains des pripioks sucrés et salés les plus traditionnels sont l'oignon, les champignons frits, les œufs durs, la bouillie de sarrasin et le tvorog (fromage blanc) sucré. J'ai décidé de cuisiner deux types différents de pripiok - tvorog avec du miel et champignons salés aux herbes - afin de vous montrer les différentes façons de cuire le pripiok dans les crêpes. Il existe en fait plusieurs techniques pour le faire : la première méthode consiste à placer la garniture prête sur une casserole, puis de la verser la pâte - cela va parfaitement avec une garniture salée hachée. La seconde est un peu plus délicate : vous versez la pâte dans une casserole, ajoutez un peu de garniture sur le dessus, puis recouvrez d'une autre couche de pâte et faites cuire des deux côtés - vous obtenez donc une sorte de « double crêpe » avec du pripiok à l'intérieur. C'est la meilleure façon de faire des blinis avec des pripioks sucrés et crémeux comme du tvorog.

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